L'essentiel à retenir
Deux droits distincts. L’usufruit permet l’usage et les revenus, tandis que la nue-propriété constitue un droit séparé.
Barème fiscal. L’article 669 du CGI valorise les droits pour les impositions qu’il vise.
Transmission préparée. Une donation avec réserve d’usufruit nécessite d’anticiper la gestion et les dépenses.
Quasi-usufruit prudent. Une dette de restitution n’est pas automatiquement déductible de la succession.
Usufruit et nue-propriété : qui peut faire quoi ?
La pleine propriété réunit l’usufruit et la nue-propriété. L’usufruitier peut utiliser le bien et en percevoir les revenus dans les limites de ses droits et de ses obligations. Le nu-propriétaire détient un droit immobilier mais ne peut pas, du seul fait de ce droit, occuper le logement ou encaisser ses loyers.
Cette répartition peut résulter d’une donation, d’une succession ou d’un investissement organisé par contrat. Elle ne doit pas être confondue avec une indivision ordinaire : les titulaires n’ont pas simplement une fraction identique des mêmes pouvoirs. La portée de chacun de leurs droits dépend aussi de l’acte et de la nature de l’opération.
Pour un appartement à La Découverte, un démembrement pourrait être étudié dans un projet patrimonial, sans qu’il soit possible d’annoncer aujourd’hui un montage particulier pour le futur programme. À Saint-Malo et sur la Côte d’Émeraude, l’intérêt ne provient pas d’une fiscalité locale spéciale, mais de l’adéquation entre vos objectifs, le logement et les droits répartis.
Si votre objectif est spécifiquement d’acheter un droit sans percevoir de loyers pendant une période, notre guide sur l’investissement en nue-propriété présente cet angle.
Repères comparatifs
Le barème fiscal viager de l’article 669 du CGI
Pour la liquidation des droits d’enregistrement et de la taxe de publicité foncière, l’article 669 détermine la valeur fiscale des droits selon l’âge de l’usufruitier. Le tableau ci-dessous reformule les tranches en âges usuels pour faciliter la lecture.
| Âge de l’usufruitier | Valeur fiscale de l’usufruit | Valeur fiscale de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Jusqu’à 20 ans | 90 % | 10 % |
| De 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
| De 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
| De 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
| De 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| De 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| À partir de 91 ans | 10 % | 90 % |
Ce barème ne dispense pas d’évaluer correctement la pleine propriété. Il ne fixe pas non plus automatiquement le prix auquel un usufruit ou une nue-propriété doit se vendre entre parties. Une valeur économique peut nécessiter une autre méthode selon l’objet de l’opération.
Exemple théorique : un logement vaut 300 000 € et l’usufruitier a 65 ans. Le barème donne 40 % pour l’usufruit, soit 120 000 €, et 60 % pour la nue-propriété, soit 180 000 €. Ces montants ne correspondent à aucun prix observé à La Découverte ; ils illustrent seulement le calcul fiscal.
Donation avec réserve d’usufruit : intérêt et limites
Une donation de nue-propriété avec réserve d’usufruit permet au donateur de conserver l’usage du logement ou ses loyers tout en transmettant la nue-propriété. L’assiette fiscale des droits donnés est déterminée selon les règles applicables, notamment le barème viager lorsque celui-ci est pertinent.
Dans l’exemple précédent, la valeur fiscale des droits transmis serait de 180 000 € avant prise en compte des règles propres au lien familial, des abattements éventuellement disponibles et des donations antérieures. Ce montant n’est pas le montant des droits à payer. Un calcul de donation exige l’historique et la situation complète des personnes concernées.
À l’extinction normale de l’usufruit, la réunion des droits suit son régime fiscal propre. Il ne faut pas extrapoler cette logique à une renonciation anticipée, une cession ou un montage artificiel. La chronologie, la rédaction de l’acte et la réalité des droits conservés comptent.
Conserver l’usage ne signifie pas conserver tous les pouvoirs
Le donateur usufruitier ne peut plus décider seul comme s’il possédait toujours la pleine propriété. Une vente globale doit associer les titulaires des droits. Il faut aussi prévoir les conséquences d’un besoin de liquidités, d’un changement de résidence ou d’un désaccord familial.
Pour un appartement neuf destiné à être conservé longtemps à Saint-Malo, l’analyse doit donc commencer par les besoins futurs du donateur, avant la recherche d’une économie successorale. Le notaire examine également la situation familiale et les conséquences pour les héritiers.
Usufruit temporaire : une logique différente du viager
Un usufruit peut être constitué pour une durée fixe. Pour les impositions visées par l’article 669, sa valeur fiscale est alors fixée à 23 % de la pleine propriété par période de dix ans, sans fraction et sans considération de l’âge de l’usufruitier. Une durée dépassant dix ans peut donc relever de deux périodes pour ce calcul fiscal.
Exemple théorique : pour une pleine propriété de 300 000 € et un usufruit temporaire de quinze ans, la valeur fiscale calculée selon cette règle est de 46 %, soit 138 000 €. La nue-propriété représente le complément, soit 162 000 €. Ce calcul ne signifie pas qu’un investissement commercial de quinze ans doit être proposé à ce prix.
La durée, les revenus attendus, la fiscalité et les charges peuvent justifier une évaluation économique distincte. En particulier, une cession d’usufruit temporaire peut relever de règles fiscales spécifiques qu’il faut faire qualifier avant signature. Il serait trompeur de la traiter automatiquement comme une plus-value immobilière ordinaire.
Si l’usufruit est accordé à un proche, la réalité du transfert d’usage et des revenus doit être effective. Un transfert uniquement apparent ou principalement construit pour contourner l’impôt expose à un contrôle. Les conséquences sociales et fiscales pour le bénéficiaire doivent également être examinées.
Charges, loyers, travaux et vente : organiser la vie du bien
Le démembrement ne supprime pas les dépenses immobilières. Les règles civiles de principe distinguent notamment entretien et grosses réparations ; l’acte peut organiser certains rapports entre les parties, dans le respect du droit applicable. Un défaut d’entretien peut aussi modifier l’analyse des responsabilités. Le mot « usufruit » ne suffit donc pas à savoir qui paiera chaque facture.
Prévoyez le traitement des appels de fonds de copropriété, des assurances, des travaux votés, des sinistres et des dépenses urgentes. Le droit de vote et la représentation dans la copropriété doivent être clarifiés. Pour un logement neuf, les démarches relatives aux garanties et à la livraison doivent aussi être coordonnées entre titulaires.
Les loyers reviennent à l’usufruitier dans le cadre de son droit. Leur catégorie fiscale dépend de l’activité réellement exercée : location nue ou meublée notamment. Le nu-propriétaire ne peut pas déduire librement toutes les dépenses qu’il finance ; leur traitement fiscal nécessite une qualification.
En cas de vente de la pleine propriété, il faut déterminer le sort du prix : partage entre titulaires, remploi dans un autre bien démembré ou autre organisation autorisée. Cette décision influence la suite du montage. Une simulation de fiscalité locative ne remplace pas une étude de cession et de transmission.
IFI et quasi-usufruit : deux points sensibles
L’IFI dépend de l’origine du démembrement
Le principe est l’imposition du bien chez l’usufruitier pour sa valeur en pleine propriété, sous réserve des exceptions de l’article 968 du CGI. Certaines situations conduisent à une répartition. Il serait donc faux d’affirmer que tout nu-propriétaire est systématiquement hors IFI ou que toute succession suit la même règle.
Le quasi-usufruit porte notamment sur l’argent
Lorsque l’usufruit porte sur une chose consommable, comme une somme d’argent, son titulaire peut en disposer avec une obligation de restitution dans les conditions applicables. Le nu-propriétaire détient alors une créance de restitution plutôt qu’un droit sur les mêmes billets conservés à part. La solvabilité future du débiteur devient un risque concret.
Une convention peut préciser la dette, ses justificatifs et d’éventuelles garanties, mais ne garantit pas sa déductibilité fiscale. L’article 774 bis du CGI prévoit notamment la non-déductibilité successorale de certaines dettes de restitution portant sur une somme dont le défunt s’était réservé l’usufruit.
Le texte comporte des exceptions, notamment pour certaines dettes portant sur le prix de cession d’un bien et certains usufruits successoraux, avec leurs conditions. Il ne faut ni annoncer une déductibilité générale ni considérer toutes les dettes de quasi-usufruit comme identiques. Ce sujet nécessite un examen notarial et fiscal individualisé.
Quel rôle du zonage à La Découverte ?
Le fichier ministériel consulté classe Saint-Malo, code communal 35288, en zone B1 dans sa version en vigueur au 26 juin 2026. Le quartier de La Découverte relève de ce classement communal.
Le démembrement civil et le barème fiscal de l’article 669 ne constituent pas des dispositifs réservés à B1. Le zonage peut intervenir dans un financement ou une opération locative associée, mais il n’autorise pas à déduire une éligibilité fiscale globale.
Le futur programme attendu à La Découverte n’a pas de caractéristiques confirmées ici. Il ne faut donc annoncer ni vente démembrée, ni usufruit social, ni montage de transmission préétabli. Les autres communes de la Côte d’Émeraude doivent être contrôlées individuellement pour les dispositifs dépendant du zonage.
Préparer la décision avec les bons documents
Avant une donation ou un achat démembré, réunissez le titre de propriété, une valeur de pleine propriété justifiée, les informations familiales utiles et les besoins prévisibles de chaque titulaire. Faites chiffrer plusieurs scénarios : conservation jusqu’au terme, vente anticipée, changement de résidence et décès de l’usufruitier.
- Clarifiez l’objectif : usage, revenus, transmission ou investissement.
- Choisissez une durée et une organisation réellement supportables.
- Définissez les dépenses, les décisions et le sort du prix de vente.
- Vérifiez les effets sur l’IFI, les revenus et la succession.
- Documentez toute dette de restitution sans présumer de sa déductibilité.
Notre guide des dispositifs immobiliers permet de replacer cette stratégie parmi les autres solutions. Si l’objectif est un logement utilisé personnellement à terme, confrontez aussi le montage à votre projet de résidence secondaire et de patrimoine.
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Vos questions
Questions fréquentes
Sources et vérification
Informations vérifiées le 2 novembre 2026. Les règles fiscales et les aides évoluent : vérifiez leur application à votre situation avant toute décision.
- Service Public — Différences entre usufruit, nue-propriété et pleine propriété
- Légifrance — CGI, article 669
- BOFiP — IFI, biens et droits démembrés
- Légifrance — CGI, article 774 bis
- BOFiP — Dettes successorales non déductibles et quasi-usufruit
- Ministère — Liste officielle des communes selon le zonage ABC




